Pocahontas« Pour moi, le voyage est un excellent vecteur de méditation qui permet de reculer les barrières de l’esprit, se dépouiller des aprioris, et fouler des contrées qui accèdent à la richesse intérieure. Le monde entier vaut la peine d’être découvert, chaque endroit est unique et commun à quelque chose à la fois. Voyager, c’est laisser place à l’imprévisible, découvrir, faire des rencontres qui marquent l’âme et l’esprit. Mes blogs « Ready for » sont des boîtes à outils qui permettent de piocher toutes les informations nécessaires pour organiser son séjour sur mesure selon les goûts et les envies. »  

Poca Hontas ♥

N’hésitez pas à m’envoyer vos photos insolites d’Istanbul afin de les partager sur les réseaux sociaux !

Voici comment tout a commencé :

« Allô ma fille ?

« Oui mamounette ? »

« Tu es au courant ? Les attentats à Istanbul ? »

Ohhhh noooon…. J’espérais secrètement qu’elle zappe quelques jours la télévision pour éviter qu’elle ne panique ou s’inquiète. La poisse, il faut que ça tombe sur moi. J’en ai marre !!! Trois mois auparavant, mes vacances étaient parties en fumée : une heure avant le décollage, on m’avait annoncé que l’aéroport Fiumicino avait brûlé le matin même. Vol annulé, bye bye mon séjour à Rome. Décidément, le destin s’acharne…

Mme poisseJ’attendais tellement ce moment. Retourner à Istanbul au mois d’août 2015, après avoir découvert cette ville magique pour laquelle j’ai eu un véritable coup de foudre au printemps. J’en ai tellement parlé à mon entourage ainsi qu’à mon acolyte de voyage… Elle aussi était très impatiente à l’idée de fouler la terre turque pour la première fois.

Je guette la télévision, je sais pertinemment qu’il ne faut pas totalement se fier aux médias, mais les titres finissent par avoir raison de moi : « reportage – débat : la Turquie entre en guerre ? ». J’éteins mon poste. Je consulte le site l’ambassade de France, les déplacements ne sont pas déconseillés mais la vigilance est de mise. Il faut bien entendu éviter les rassemblements.

Je voyage seule ou avec des amies depuis plus de 10 ans. De nature assez peureuse je l’avoue, la vigilance est mon leitmotiv. Je ne voudrais quand même pas perdre la vie bêtement à cause d’un fou qui n’a pas compris que s’attaquer à des innocents ne mène nulle part, si ce n’est très probablement tout droit en enfer…

Je prends mon téléphone.

« Allô copine ? »

« Oui ? »

« Tu es au courant pour les attentats ? »

« Pas du tout, attends je regarde… Mouai… Bon… Est-ce que ça vaut la peine de tout annuler ? »

« Ça ne te fait pas peur ? »

« Pas du tout, je suis sûre que ça va se tasser, si l’ambassade ne déconseille pas la destination, ya pas de raison !  Tu sais, on est à l’abri nul part… Sinon tu envisages de prendre combien de valises, parce que moi, avec tout ce que j’ai prévu, il m’en faudrait trois minimum ! »

J’avais oublié que plus optimiste que ma super copine, ça n’existe pas !

Je n’arrive pas à dormir sereinement. Dois-je annuler mes vacances ? Hors de question, en plus je n’ai pas pris l’assurance voyage… Au pire, pourquoi ne pas faire un détour à Bodrum ? Pfffffff, les tarifs dernières minutes sont exorbitants.

« Allô le consulat de France à Istanbul ? »

« Oui, je vous écoute ? »

« Bonjour Monsieur, j’ai besoin de votre avis personnel en toute honnêteté, comment ça se passe réellement sur place ? Dites-moi si je dois annuler mon vol ? »

« Je vais être honnête avec vous mademoiselle, oui une bombe a explosé il y a quelques jours, mais des feux d’artifices retentissent tous les soirs également. Les gens continuent de vivre et de faire la fête. On est à l’abri nulle part aujourd’hui vous savez. Il me semble que l’on est pas plus en sécurité ici qu’à Paris, non ?»

Il n’a pas tort…

« Et vous comptez résider où ? »

« Lors de mon premier séjour, j’étais à Sultanahmet. Cette fois, j’ai réservé à Beyoğlu près de Taksim »

« Ah là, si je peux me permettre, il vaut mieux éviter ce secteur lorsque les situations sont tendues ».

La veille du départ, je n’arrive pas à calmer mon angoisse. Avec mon amie, nous décidons alors de changer d’hôtel.

« Pourquoi pas découvrir la rive asiatique ? Je n’ai pas eu le temps de m’y aventurer en avril. »

« Ok je te suis, cherchons un endroit sympa, connu et près des transports ».

Voilà le point de départ de mes aventures qui m’ont poussé à créer mon premier site « ready-for-istanbul.com », qui sera le premier d’une longue série, je l’espère. Mon rêve, quelque peu banal, est de faire le tour du monde. Aussi paradoxal que cela puisse paraître et ne me demandez pas pourquoi, je me sens chez moi que quand je suis à l’étranger. Dotée d’un sens du contact assez facile, je me sens épanouie  partout et il en faut beaucoup pour altérer mon enthousiasme.

« Tiens regarde, je viens de tomber sur un blog intéressant qui indique que l’avenue Bağdat caddesi s’étale sur 4km, elle est considérée comme les petits Champs Elysées de Paris ».

« C’est vrai que les photos sont supers sympa. Ok, repérerons un hôtel sur cette avenue. Les transports, les magasins, l’embarcadère Kadıköy pour rejoindre la rive européenne, tout à l’air à proximité. Deal ? »

« Deal ! »

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Tous les blogs ne se ressemblent pas et certains se contredisent. Bon, tant pis, on décolle demain, pas le temps de mener une enquête.

Le soir de notre arrivée, cauchemar ! Arrivées sur place, l’avenue ne ressemblait en rien aux Champs Elysées et mesure plus de 14km. Les Champs Elysées vous avez dit ? C’était plutôt une banlieue classique. L’hôtel était situé à 20 minutes à pied des stations de bus et métro et à 30 minutes en bus de l’embarcadère. Nous étions à Maltepe. Un quartier typique turc très charmant où les touristes sont quasi inexistants. Troooop loin ! Les chauffeurs de taxis ne comprenaient pas pourquoi nous avions choisi ce secteur. A ce moment là, j’ai maudis de toutes mes forces le blogueur qui nous a induites en erreur. Qui vérifie les bêtises dites sur le web ? Personne. Mais en même temps il vaut mieux être ici qu’à Taksim. Même si ça me semble être le bout du monde. Mon amie qui arrive toujours à percevoir du rose dans un tableau noir, était ravie malgré le fait que nous nous soyons perdu plus de trois heures entre les transports en communs et les taxis… L’adresse ne parlait à personne, l’avenue est tellement grande, et bien entendu nous étions situées à son extrémité.

« Tu te rends compte ? » me dit-elle. « C’est incroyable, on a demandé notre chemin au chauffeur du bus et plusieurs personnes se sont mêlées à la conversation pour traduire et nous guider. On nous a payé nos trajets avec des pass personnels sans nous demander de contrepartie financière, les gens s’arrêtent pour consulter leurs GPS, appeler des taxis à notre place, et on nous a porté nos valises jusqu’à l’hôtel en toute philanthropie. Tout cela sans rien demander en retour. Tu sais quoi ? Je me sens déjà bien ici. L’hospitalité, l’atmosphère….quelque chose me dit que ce séjour va être formidable ».

« Moi je te dis que c’est une catastrophe, on est loin de tout, en plus les derniers ferries s’arrêtent ultra tôt. On est coincées ici. Bonjour les vacances du 3ème âge ! ».

J’étais inconsolable. Moi qui rêvait d’être au cœur de Beyoğlu, de la foule, de la vie…. je me retrouvais au fin fond d’Istanbul dans une banlieue trop paisible pour des vacances estivales. Nous l’avons traversé en long, en large et en travers cette fameuse avenue de Bağdat à la recherche d’un bout de Champs Elysées. Rien. Nous en avons parlé à des turcs qui ne savaient pas du tout de quoi on voulait parler. Rien à voir avec mon accent français quand je parle en anglais ! Enfin, je suppose… Le soir où nous sommes arrivés, c’était très animé car le club fenerbahçe avait gagné, mais le soir suivant, c’était vide et calme.

Happy-DayMais ça c’était avant ! Après avoir découvert le marmaray et les dolmuş, les vacances sont devenues folles. Passer d’un continent à l’autre n’était plus qu’un détail.

A chaque trajet, nous devenions des animations : on intriguait les turcs. Mais qu’est-ce que vous faites ici ? les touristes sont en général de l’autre côté !

Nous avons fait des dizaines de rencontres authentiques dans ces dolmuş, nous avons eu des fous rires interminables et nous nous sentions en sécurité. Tout le monde mettait du sien pour se faire comprendre, et les attentions étaient toujours bienveillantes.

En revanche, j’ai constaté qu’il était très laborieux de se procurer un plan des transports, trouver des horaires de musées, des incontournables à visiter, quelques conseils utiles pour le quotidien etc… et tout cela sur un seul et même site. Pas de temps à perdre pour ça lorsque l’on est en vacances ! C’est pour cela que j’ai eu l’idée de créer un site « boîte à outils » à mi chemin entre le blog et un guide touristique. Cela vous évitera les mauvaises surprises, les pertes de temps, ou le risque de passer à coté de quelque chose.

A bientôt pour une prochaine destination….

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